Batman: Arkham City

Awesome City ?

Batman: Arkham City est un Zelda-like où, au lieu de parler à des fées et de récupérer des cartes et des boussoles, on interroge des malfrats en les menaçant de mort. A chaque fois, une phrase différente, blanche et sèche sur l’air de « Sais-tu combien il me reste d’os à briser dans ton corps » ou encore de « ça te dirait de manger avec autre chose qu’une paille pour le restant de tes jours ». Rien qu’avec ce soupçon de délicatesse urbaine, Batman se positionne dans le classement du meilleur jeu de tous les temps. Comme un poème. Arkham City est surtout tout ce qu’Arkham Asylum n’était pas, à savoir une ville ouverte avec une secte ninja planquée dans ses entrailles. Pour être plus exact, alors qu’Asylum explorait la psyché de Batman via les multiples délires psychotropes de Scarecrow, la City tente de donner une consistance à une portion de ville, à tout un univers, ce qui explique la démultiplication des Némésis. Concrètement, cela signifie un paquet de gus à dézinguer. Sur le papier, pas d’objection.

MA BAT CITE VA CRAQUER

Quincy Sharp, nouveau maire fraîchement élu et ancien taulier d’Arkham Asylum, décide de mettre les mauvais quartiers de Gotham en quarantaine. Ce véritable Balkany transforme sa ville en pénitencier. C’est une décision stupide (remember « Escape from New York » de John Carpenter) et étrange puisque rien n’a été vidé ou démantelé, que ce soit des usines dont celle qui a vu naître le Joker, le parc d’attraction ou encore le musée d’histoire naturelle. C’est un peu comme si Chatelet Les Halles devenait la plaque tournante de la racaille et des malfrats de la pire espèce ce qui, aux dernières nouvelles, n’est pas encore le cas. Il est face à une vraie situation de crise qui n’est pas sans rappeler l’excellent arc « No Man’s Land » où Gotham était ravagée par un séisme et où chaque quartier se retrouvait contrôlé par un super-vilain. Paul Dini, qui signe le scénario des deux Arkham ainsi que le comics qui fait la transition entre les deux jeux, crée ici une continuité, un peu ce que J.J. Abrams avait fait pour le film de Star Trek, un monde parallèle où ceux qui devraient connaître l’identité de Batman ne sont pas au courant (et qui aussi explique les pectoraux démesurés de Robin). C’est dans cet univers très noir où, devant l’échec de la démocratie, Bruce Wayne a décidé de ramener l’ordre en brisant quelques dents.

Le fonctionnement de ce « simulateur » de Batman n’a pas changé et reste dans ses grandes lignes un “Metroidvania” où l’on doit aller à des points clefs, très souvent repartir bredouille et revenir mieux équipé. Le côté Zelda, lui, vient de la grandeur de l’endroit, de ces grands espaces que l’on pourra littéralement survoler à coup de grappin accélérateur. Les amateurs de gameplay calibré noteront cette bizarrerie qui est d’inverser le flow classique de l’exploration. D’habitude, les limites des “mondes ouverts” sont repoussés par des équipements et les informations récoltées en chemin. Arkham City va, au contraire, corser le défi et rendre la traversée de Gotham plus compliquée vers la fin de l’aventure grâce à des gardes mieux équipés, des hélicos et des snipers aux points stratégiques. Les « donjons » qui ne sont finalement que quatre sont assez inventifs. Là encore, le jeu se décarcasse pour donner de la profondeur à des ennemis qui n’en ont pas vraiment comme le Penguin. Dieu seul sait qu’il est difficile de lui trouver un twist intéressant à celui-là… Et pourtant Arkham City se débrouille pour lui donner une dimension qu’il n’a pas forcément dans la bédé. De même, Hugo Strange ou ZsasZ, des némesis qui se font normalement défoncer au moindre coup de poing, deviennent de vrais défis dignes de ce nom.

L’exploration, c’est bien gentil, mais il y a aussi l’infiltration, plus que jamais justifiée car la moindre bastos bien placée peut être fatale à Bruce Wayne. « Ne jamais fuir. Poursuivre » comme dit le tatouage de Tristane Banon. Comme dans Asylum, il faudra prendre son temps pour dézinguer chaque garde un à un sans se faire voir en n’oubliant pas qu’ils sont plus malins qu’avant, qu’ils se méfieront des gargouilles qu’ils feront sauter s’ils voient un de leur collègues pendu par les pieds à l’une d’elle. Ils fouilleront les grilles au sol, ils passeront en vision infrarouge. Il y a toujours de grosses failles à exploiter et puis il reste toujours l’option baston, ce cassage de gueule virevoltant presque organique, imité cet été par Captain America (de Sega) mais certainement pas égalé. Il faut voir Batman papillonner en remuant sa cape, enchaîner encore plus de coups, multiplier les parades avec élégance et balancer encore plus simplement des projectiles et de la glace puisqu’en deux ans, on nous a bricolé des raccourcis à la manette.

BITCH, PLEASE

Mais cette suite est marquée par l’introduction parfois poussive de la « rogue gallery » traditionnelle de Batman. De quêtes secondaires en missions de rescousses, on finira bien par tomber sur Deadshot, Solomon Grundy ou même sur Azrael, auquel il conviendra d’ajouter the Riddler dont on se demande comment il a fait pour installer plusieurs centaines de trophées, certains sous forme de puzzles lumineux exaspérants. A se demander si ce n’est pas lui, le véritable super-vilain d’Arkham City. Mais tous ces caméos, des apparitions à la limite du feat, juste pour mettre une ambiance finissent par rendre cette guerre urbaine un peu indigeste. Mais après tout, c’est comme quand on se paye une gogo-danseuse : quitte à choisir une prestation de charme, autant y aller à fond. Du trop au pas assez, autant mettre tout l’univers Batman, les six Robin qu’il y a en stock, Alfred ou le bat-repousse requin. Bah non, Arkham City n’a même pas de Bat-cave. Le nerd que je suis regrette aussi qu’une part de cet univers ait été déclassé en DLC. Il ne reste plus qu’à prier pour que Rocksteady nous balance les vilains les plus obscurs comme Orca, l’homme orque ou encore KGBeast, un agent soviétique au short lycra qui porte un gun à la place du bras depuis qu’il s’est tranché la main lui-même. Même Robin ne deviendra adulte qu’en DLC. On se dit que c’est un vilain piège mais… Man, je me repayerai carrément le jeu en double pour avoir Nightrunner, le Batman d’origine arabe que Wayne a recruté l’année dernière pour la filiale française de sa Bat-tribu. Le vrai sidekick de l’histoire, c’est Catwoman. La pauvre. Elle a bien gagné sa place sur la jaquette au côté de Batman, le sexe faisant vendre, parait-il. Et « sexe » est un doux euphémisme pour qualifier sa combinaison, son attitude et l’être tout entier qui prendra la place de Batman quand il sera trop occupé ou K.O. Et les hommes de main des bat-vilains le lui rendent bien: toutes les deux, trois répliques, ils la traitent littéralement de « bitch » sans arrêt, un problème qui n’existe pas en version française puisqu’elle devient “une garce” et seulement pour une poignée de fois. Batman : Arkham Cité, un bien bel exercice d’auto-censure slash damage control. D’accord, Selina ne fait rien pour aller contre l’image de « resident bitch » qui lui colle à la combi, de la même façon que Heather Locklear dans Melrose Place. Mais dans Arkham City, c’est limite le syndrome de la Tourette. Entre ceux qui épanchent leur frustration sexuelle, ceux qui la verraient bien avec une autre fille (hé parce que « forcément » Catwoman est le genre de nana qui « colle les timbres ») ou pire, avec des menaces de viols à peine voilée de la part du mec qui raconte sa sortie de prison, la pauvre en prend plein la figure. Comble du masochisme, ceux qui achètent le jeu en occasion devront passer par cette case DLC pour avoir droit à « ça », le jeu Batman le plus sexiste de tous les temps.

BATMAN OF THE END

J’ai toujours apprécié les jeux Batman « All-Age ». Le Batman & Robin de la Super Nes en est une parfaite illustration, un savoir faire “patate” dont la recette semblait perdue jusqu’à ce qu’elle ressuscite avec Batman: The Brave and the Bold sur DS, un jeu signé WayForward qui incarne ce que serait probablement devenue la Bat-licence entre les mains d’un développeur résolument gamer comme Treasure. Attention, ceci n’est pas une complainte pour que tous les jeux Batman soient accessibles aux petits frères. Batman est un personnage génial car il peut capter le Zeitgeist de son époque avec beaucoup plus de facilité que n’importe quel héros. En 1966, en pleine vague pop, il empêche Robin de rentrer dans une boite de nuit car il est trop jeune. Entre les mains de Neal Adams, il est devenu le World Greatest Detective. Avec Frank Miller, il est devenu un véritable bulldozer de justice, l’égalité sociale dans sa manière la plus radicale. Sous la houlette de Nolan, il devient si sérieux et affligé par la débâcle de notre société qu’elle l’oblige a faire des choix discutables. Batman est si puissant que ses films arrivent à survivre à des one liners aussi ridicules que « N’as-tu jamais dansé avec le diable au clair de lune ». En gros, « Batman and Robin will never die ! »

Mais Arkham City ne lui laisse vraiment pas assez l’occasion d’être le héros qu’il devrait être. Il sauve quelques prisonniers politiques dans des sous-quêtes, il empêche Deadshot d’assassiner une énième personne mais il va passer le plus clair de son temps à essayer de sauver sa peau. Littéralement. Et ce, sans même exploiter les failles béantes du scénario à son avantage. Il va carrément laisser des mecs se laisser abattre tandis qu’il part retrouver Hugo Strange qui gère la sécurité de la ville. Allez, instant confession, j’aime Batman plus que de raison. Je passe mon temps à en parler. Après des années d’études du sujet, mon cerveau bascule en mode Batman. Sans rire, en cas de douleur, c’est comme si mon cerveau me narrait la souffrance comme le ferait une case dessinée par Frank Miller. « Serre les dents. Ne t’abandonne pas aux ténèbres. Ce ne sont que quelques côtes brisées, rien de plus. Surtout, rester éveillé… » Sauf qu’il faut être réaliste, ni moi ni personne ne sera jamais Batman. Aucun de mes contacts Twitter ne sait enchainer un coup de pied au ralenti dans la gueule d’un mec après une chute libre de 30 mètres comme il le fait. Personne, à ma connaissance, ne sait retenir sa respiration plusieurs heures le temps, de s’extirper d’un cercueil après avoir été enterré vivant. Donc il faut s’y résoudre, personne ne sera jamais Batman, il nous reste plus que ses choix moraux. Et pourtant, malgré cela, Arkham City est factuellement l’expérience qui se rapproche le plus du justicier, en n’oubliant jamais ce côté « détective » si difficile à retranscrire en jeu. Et puis tout ce qu’il économise en effets, en gamedesign, il le rebalance en pleine poire avec un Mark Hamill en feu, lui qui joue ici pour la dernière fois le Joker. Tu vas nous manquer.

GAME OF THE BAT

Alors Batman, GOTY 2011 ou pas ? Il part avec un sérieux avantage en étant 100% plus Batman que les autres dont le charisme aura l’air fade. Batman a le swag. Il est rempli de ces petits instants jouissifs qui me remplissent le cœur de joie. De Kevin Conroy qui laisse subtilement deviner de sa voix caverneuse que Batman prend plaisir à menacer la racaille qui grouille dans SA ville jusqu’au pèlerinage dans la ruelle où ses parents sont morts, d’un ralenti final d’un salto sur le faciès de deux malfaiteurs à Harley Quinn qu’on peut enfin forcer à fermer sa bouche en passant par un requin géant qu’on va assommer à mains nues, tout cela, c’est de la justice poétique à mes oreilles. Awesome city.

Kamui

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Discussions, réactions et trolls

  • Arez
    16 novembre 2011
    14:43

    Joli texte, mais t’as confondu Bruce Timm et Paul Dini. Les deux ont bossé sur la série animée originale, mais c’est Dini qui a signé le scénario des deux jeux et des comics.

  • kamui
    16 novembre 2011
    14:47

    Hop étourderie éditée vite fait. Surtout que j’ai encore les comics, là, sur mon bureau (avec le jeu AKB1/48, ce qui n’a rien à voir). Merci bien.

  • Neomatt
    16 novembre 2011
    14:51

    Alors juste pour souligner une coquille: c’est Paul Dini au scénario, pas Bruce Timm. Timm est plus dessinateur que scénariste.

    Voilà voilà, à part ça, superbe review. :) Et heureux de voir un peu d’amour pour Brave & the Bold. On peut aimer le DCAU et le crazy awesome.

  • Neomatt
    16 novembre 2011
    14:53

    Ah bah pouf, Arez qui me grille. :(
    Je vais faire un câlin à mon coffret intégrale de Batman The Animated Series si c’est comme ça.

  • Longanimité
    16 novembre 2011
    14:55

    Un peu facile le GOTY sur ce coup-là. Autant c’est ridicule de parler de meilleur jeu de l’année en début d’année, autant pour un jeu en fin d’année ça reste délicat.

    Je veut dire, c’est oublier que 2011 a été la meilleure année vidéoludique depuis fort longtemps. Piqûre de rappel : Portal 2, Skyrim, Dead Space 2, Shogun 2, The Witcher 2, Battlefield 3, Deus Ex 3, le fameux Arkham City, Dark Souls, Uncharted 3, Rage, (et à la rigueur les deux Assassin’s Creed, MW3, Top Spin 4, GoW 3, voire tous les plus petits jeux comme Limbo, Jamestown et, osons-le, Minecraft). Le tout pour ne parler que des jeux sortis (certes, il reste peu de temps avant la fin de l’année).

    Quant au test, du Barre de vie comme j’aime.

    (wut, un Wheatley sauvage vient de traverser mon écran, easter egg spotted)

  • kamui
    16 novembre 2011
    14:58

    Mon Goty est, je peux le spoiler ici, Catherine. Pour plenty d’raisons à la con.
    Mais ma kinky feature de l’année est dans Batman (je la garde pour mon papier de fin d’année sur Robotics, ça me laisse du temps^^)

  • sseb22
    16 novembre 2011
    15:02

    Tiens, un Airwolf !
    C’est le premier texte de Kamui ?

    Si oui, bienvenue, sinon, désolé de ne pas avoir remarqué avant :o

  • kamui
    16 novembre 2011
    15:20

    Hello et merci ^^
    Non j’avais fait le discret mais très politicaly challenged X-Men Destiny
    http://www.barredevie.com/4742/x-men-destiny-si-tu-mutes-jannule-tout/

  • Yotaku
    16 novembre 2011
    15:31

    Tu n’as pas résisté à mettre du Morrison dans ton test et comme je te comprend. Sinon excelente review qui pointe bien les limites du jeu mais qui n’oublie pas le plaisir intense qu’on a devenir batman et parcourir cette superbe surface de jeu.

  • Nexus5
    16 novembre 2011
    15:57

    Oh mayrde, j’avais pas vu la news! Merci de l’avoir evoque dans ton article.
    http://www.comicsalliance.com/2011/10/19/mark-hamill-retires-the-joker-arkham-city/

  • Danton Zomblou
    16 novembre 2011
    16:36

    Pour l’histoire de bitch -> garce, c’est la traduction française appropriée, donc c’est pas grave; ou alors j’ai raté un truc?

  • kamui
    16 novembre 2011
    22:29

    alors oui, « approprié » est le mot exact. Le problème n’étant pas l’accumulation des bitchs (si quand même un peu) mais surtout le contexte de maboule avec les autres gonz qui épanchent leurs frustrations, un curieux mix qui ne pose donc pas de problème en VF.
    (mais je ne joue pas aux vf).

  • Electabs
    17 novembre 2011
    11:15

    Et pourtant, je trouve que les 2 Arkhams s’en sortent avec les honneurs. vu que la moitié du casting voix qui officiait sur la série animée de 90′s est de retour. D’autant que si Mark Hamil fait froid dans le dos a tout ceux qui garde le souvenir du petit luke tout gentil. Je trouve que Pierre Hatet qui en fait des tonnes rajoute un côté théatral et complètement barré qui me fait flippé.

    Après le seul gros reproche que je ferais a AC, c’est de jeter le joueur dans le bains trop rapidement a un point qu’il ne sait pas trop ou aller… enfin si. pour être plus clair, j’ai trouver qu’il y avais trop a faire dès la sortie de l’église. entre les trophée, la trame principale, les épreuves en RA, les missions secondaire ect… ça frôle l’indigestion. ça ce l’empêche pas d’être un excellent jeu.

    Tiens une tite question, comment sont décidé les Game of the year ?? en terme de vente, de critique, les deux ?? a l’E3 ?? parce que à chaque fois j’ai l’impression qu’il sort 3 jeux en GOTY par ans.

  • sseb22
    17 novembre 2011
    11:25

    Chaque rédaction peut avoir son GOTY donc normal que tu en vois plusieurs différents tous les ans.

  • Electabs
    17 novembre 2011
    13:10

    Merde, moi qui pensais que le GOTY était un peu comme le label rouge.

  • mrianou
    19 novembre 2011
    21:56

    Très belle article.

    Des tonnes de références bien maîtrisé (les bourdes ça arrive)et bien passionnel.

    On voit exactement ou tu veux en venir et tu donnes a ton texte une action digne des combat a Batman.

    Bravo c’est un dissse :Jeanmarcgénéreuxmode:

  • phaab
    21 novembre 2011
    12:53

    j’ai pas joué à Arkham Asylum, c’est grave docteur ?
    c’est un pré-requis obligatoire pour apprécier ce City ?

  • Kamui
    21 novembre 2011
    14:57

    Nope, pas besoin du tout.

  • bat_pateman
    24 novembre 2011
    13:16

    J’avais été déçu par le premier article de Kamui sur barre de vie.
    C’est amplement réparé cette fois. Très beau papier !

    Ptain j’ai envie de rentrer et de me remettre devant Arkham City!
    (entre toi et Gautoz, vous faites chiez hein)

    Ps : il paraitrait que @Julie_Cha soit Batman pour de vrai.

  • Jackie_shan
    7 décembre 2011
    23:09

    J’y retourne de temps en temps juste pour les défis dans lesquels tu doit taper un max de vilains. Le système est tellement jouissif. Et puis y’a un nouveau DLC à chaque fois :). (je viens de découvrir robin)




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À propos

Article publié le 16 novembre 2011. Kamui écrit pour Gamekult, Jeuxvideo.fr, Gameblog et Consoles+. Il dort peu alors il twitte ou écrit sur son blog Kamui Robotics.

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